
Mathias Pontevia solo
Michel Portal Quartet
Hervé Saint Guirons, « Motion » trio
Didier Lasserre / Benat Achiary duo
Sébastien Capazza /Didier Lasserre / Félix Baray
Lotte Anker Quartet
Marc Ducret Trio
Bill Carrothers, « Armistice 1918 »
Paolo Damiani Trio
Des embouts et des becs
Zad Moultaka, « Zarani »
Camel Zekri Guitare solo
Les Nouveaux Monstres (Léon Francioli et Daniel Bourquin)
Mark Feldman/Sylvie Courvoisier
Lee Konitz Trio
ONJ, Claude Barthélémy /Cie Créange
Stimmhorn
Louis Sclavis Quartet : « Napoli’s Walls »
« Jazz : jase en zigzag » écrit Michel Leiris dans Langage Tangage. Cette « définition » allitérative convient bien au Bordeaux Jazz Festival, et à tous ceux qui, comme nous, souhaitent faire mieux connaître l’errance orientée qui caractérise la création actuelle dans ce champ. Car les changements de cap successifs de l’invention jazzistique poursuivent quand même un objectif constant, qui est de remettre en jeu à chaque instant la totalité du domaine artistique maintenant constitué dans lesquels ils se déploient.
C’est donc en zigzag que nous avons concocté la présente édition, partant d’un
« Armistice Day » qui tombe à point nommé pour la nouvelle création de Bill Carrothers, consacrée aux musiques en vogue avant, pendant, et juste après la première guerre mondiale (qui a vu le premier débarquement des musiques afro-américaines en Europe), pour arriver à la prestation d’un Lee Konitz, compagnon de Miles Davis pour « Birth Of The Cool » et maintenant l’un des rares fondateurs encore en pleine activité. De la geste énergique de Michel Portal aux graffitis sonores et lyriques de Louis Sclavis, des relectures de la musique savante (Bartok : « Des Embouts et des Becs ») aux écritures raffinées d’une Sylvie Courvoisier (avec Mark Feldman), on va donc changer de cap sans quitter le navire, où seront embarqués aussi « Les Nouveaux Monstres » que sont Léon Francioli et Daniel Bourquin, la saxophoniste danoise Lotte Anker, le guitariste Marc Ducret que nous accueillons enfin, le pianiste libanais encore mal connu chez nous Zad Moultaka, et notre ami italien et violoncelliste Paolo Damiani qui dirigea il y a peu l’Orchestre National de Jazz.
On se réjouit donc d’accueillir aussi cet orchestre même, dirigé aujourd’hui par Claude Barthélémy, ou encore Camel Zekri, dont le travail soliste aux confins des musiques du monde et de l’improvisation mérite d’être entendu, et à leurs côtés une partie de la « jeune scène » aquitaine emmenée par Didier Lasserre, Benat Achiary et quelques autres allumés du jazz.
On jasera donc, comme l’année dernière, avant et après les concerts, et on s’étonnera même qu’un champ artistique puisse offrir aujourd’hui encore tant de motifs de batailler, et tant d’occasions de s’enthousiasmer. En 2003, les « Four Walls », Joëlle Léandre, Yves Robert, ou encore Archie Shepp ont tracé la voie.
Le jazz reste une musique populaire, ce qui veut dire qu’il touche juste et fort quand il est vrai, quelles que soient les étiquettes. Nous ne sommes pas là pour consommer des produits, mais pour accompagner s’il se peut l’élan des créateurs.